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Instant T
un hommage à / a tribute to Chris Maker
T1. un film de Pascal Frament
montage / editing : Pascal Frament (23’13”)
avec / with par ordre d'apparition :
Jean-Pierre Ruel, Bertrand Hugues
Jean-Roch Bonnin, Charles Haskins
Jérôme du Boullay, Nadir Barrouche
remerciements / thanks : CLSFX atelier 69
T2.
un film de Sylvain Bélot
photos & montage / photographs & editing :
Sylvain Bélot (17’09”)
T3. un film de Gilbert Carsoux
montage / editing : Florence Martin (20’24”)
avec / with : Juliette Allauzin-Voirin,
Louis Morel l'Horset
remerciements / thanks : Louis Morel l'Horset
Musique/music: Laurent Saïet
Musique composée, produite et enregistrée à Paris (France) par Laurent Saïet, 2006-2008
Mixage et parties électroniques additionnelles :
Patrick Müller, février 2009
Music composed, produced & recorded in Paris
(France) by Laurent Saïet, 2006-2008
Mix and additional electronic parts : Patrick Müller, February 2009
English version
PROJET
Le compositeur Laurent Saïet, fasciné par le travail de Chris Marker sur la mémoire et le temps, décide d’en trouver une équivalence musicale puis propose aux vidéastes Sylvain Bélot, Gilbert Carsoux et Pascal Frament de travailler chacun, à partir de sa musique, sur un film expérimental inspiré plus particulièrement du film le plus célèbre de Marker :
La jetée (1962).
Dans ce projet, ou la musique préexiste aux images, il collabore également avec Patrick Müller qui a mixé la musique et effectué sa mise en espace en 5.1 lors des premières présentations de ce projet en 2008-2009 (Instants Chavirés, Montreuil ; Cinéma “La clef”, Paris).
THÉMATIQUES
« Il comprit qu’on ne s’évadait pas du temps et que cet instant qu’il lui avait été donné de voir enfant, et qui n’avait pas cessé de l’obséder, c’était celui de sa propre mort ». (dernière phrase du texte de La jetée de Chris Marker)
Traduire avec notre vision d’aujourd’hui la métaphore sur le temps induite dans
La jetée.
L’impossibilité de retenir le temps (l’inexorable fuite du temps).
La fin du monde : c’est ce que suggère la scène finale du remake de Terry Gilliam,
L’armée des 12 singes (1995) ; Les références à Vertigo (1958) d’Alfred Hitchcock.
Dilater le temps : images au ralenti ou décomposées ; échantillons musicaux étirés, ralentis jusqu’à devenir non-identifiables.
Retenir le temps musical/filmique ; prolonger le temps d’une émotion.
Voir/entendre des détails infimes imperceptibles en temps habituel.
ESTHÉTIQUE MUSICALE
Sources sonores principalement tirées de musiques “contemporaines” et de musiques de films contemporains de La jetée : échantillons (“samples”) redécoupés, modifiés, étirés et/ou ralentis sur ordinateur, et reconstruits dans le cadre de compositions proches de “l’ambient” ou ces sources sont mixées au jeu de l’instrumentiste ainsi qu’à des outils électroniques (theremin, VCS3, etc.).
Par cette démarche, Laurent Saïet et Patrick Müller tentent de retrouver un climat sonore et des émotions initiés par les multiples visions du film originel et de les confronter à de nouvelles images inspirées également par La jetée dans un “work in progress” ou plusieurs sensibilités se rencontrent.
ESTHÉTIQUE VISUELLE
3 vidéastes/cinéastes, liés par la même problématique sur le temps, s’inspirent des thèmes ou de motifs visuels de La jetée pour créer 3 variations distinctes par leur forme (images vidéo, images fixes, images de fiction) dont l’unique contrainte est temporelle :
> T 1 : réalisé par le vidéaste Pascal Frament en noir et blanc, puis traité en vidéo dans une esthétique graphique épurée et dans un rythme constamment ralenti donnant une impression d’apesanteur et de temps suspendu.
> T 2 : réalisé par le photographe Sylvain Bélot à partir d’images fixes qui se superposent et s’enchaînent lors de fondus-enchainés créant des géographies imaginaires de lieux vides de présence humaine.
> T 3 : réalisé par le cinéaste Gilbert Carsoux dans un noir et blanc brut qui rappelle celui de La jetée ou un personnage évolue dans une fiction nous conduisant vers le lieu clé du film de Marker, la grande jetée d’Orly.
PROTAGONISTES
> Pascal Frament : vidéaste et plasticien de formation. Présente régulièrement des installations et/ou des vidéos dans des galeries d’art et des festivals vidéo : Wok 2 (L’Echangeur), Art Paris, galerie Berthet-Aittouares (Paris), Rendez-vous Electroniques (Centre Pompidou), galerie Anton Weller (Paris), galerie Charlotte
Norberg (Paris), galerie Eponyme (Bordeaux), Musée d’Art Contemporain (Lyon), etc.
> Sylvlvain Bélot : photographe et créateur multimédia. Travaille sur des montages et des superpositions d’images fixes, notamment pour le groupe Dièse 440, la compagnie de danse contemporaine VMT (tournées en Haute-Savoie et en Bretagne), la Compagnie du Son (Festival d’Avignon), et sur des installations interactives pour Miguel Chevalier (Palais des Congrès ; musée Marco de Monterrey au Mexique ; Oslo…), Pascal Dombis, etc.
> Gilbert Carsoux : cinéaste et metteur en scène. A d’abord travaillé dans le domaine du clip et de la publicité. Après plusieurs mises en scène de théâtre (Espace Kiron, Café de la Danse, Gare au Théâtre), l’écriture de scénarios et la réalisation de courts-métrages, il est en cours de pré-production d’un long métrage de fiction (“Global village” – 22 juillet Productions).
> Patrick Müller : compositeur électroacoustique et ingénieur du son, il crée la musique de spectacles chorégraphiques des compagnies VMT & Red Star sous le nom de “L’Orchestre Inachevé”, puis de “Groupe d’essai N°3” depuis plus de 15 ans et produit dans le cadre de son studio “La Rotonde” de nombreux groupes et projets dont Pusse, Dragibus, Mami Chan, Konki Duet, Les Productions de l’Invisible, Ilitch, Pupusse & Patrack, etc. pour des labels tels que Mon Slip, Inpolysons, Fractal, Saravah, Active Suspension et… Trace Label.
> Laurent Saïet : Membre de plusieurs groupes dans les années 90 (dont le Zig Rag Orchestra d’Etienne Brunet de 1993 à 1997), il fonde en 1994 le label Trace avec Patrick Müller et Guillaume Loizillon sur lequel il a édité 4 albums en solo : son travail est essentiellement basé sur les relations entre musique et cinéma, notamment “Cinéphilie” & “Cinéphilie 2”, série d’hommages à des cinéastes admirés (Satyajit Ray, Fritz Lang, David Lynch, Atom Egoyan,
F.W. Murnau, Jack Arnold, Mikio Naruse, Jim Jarmusch, Tod Browning, etc.) qui ont été, par la suite, déclinés sous la forme de ciné-concerts, notamment au Théâtre de l’Echangeur et au Forum des Images (dans le cadre du festival “Nemo”).
C’est pour “Cinéphilie” (2000) qu’il rencontre Pascal Frament qui réalise, à cette occasion, des (re)montages des films originels en vidéo ; pour “Cinéphilie 2” (2005), ce sont 8 vidéastes qui réalisent des images originales, dont Sylvain Bélot, Gilbert Carsoux et Pascal Frament qui se rencontrent alors pour la première fois.
French PDF
THE PROJECT
The composer Laurent Saïet, intrigued by the work of Chris Marker on memory and time, decided to look for a musical equivalent and suggested to videographers Sylvain Bélot, Gilbert Carsoux and Pascal Frament that they each work from his music on an experimental film inspired mainly by Marker’s best-known work: La jetée (1962).
In this project, where the music pre-exists the visual material, he also collaborated with Patrick Müller who mixed and did the spatial organisation of the music in 5.1 for the first presentations of the project in 2008-2009 (Instants Chavirés, Montreuil; “La clef” cinema, Paris).
THE THEME
“He understood that time could not be escaped and that this instant, which had been given him to see as a child, and which had never ceased to obsess him, was that of his own death.” (last sentence in the text of La jetée by Chris Marker)
Interpret, from today’s viewpoint, the metaphor for time which imbues La jetée.
The impossibility of holding time back (Time’s inexorable flight).
The end of the world: this is what is suggested in the final scene of Terry Gilliam’s remake Twelve Monkeys (1995)
References to Alfred Hitchcock’s Vertigo (1958).
Time is dilated: scenes slowed down or broken up; musical extracts drawn out, decelerated to the point of becoming unidentifiable; the musical/cinematic time is held back, the duration of an emotion prolonged; the infinite details, imperceptible in normal time are seen/heard.
THE MUSICAL AESTHETIC
Sound sources are mainly drawn from “contemporary” music and contemporary film music from La jetée: samples re-edited, modified, stretched or slowed down on computer, and reconstituted in compositions focused on “ambient” where these sources are mixed with instrumental play as well as electronic tools (theremin, VCS3, etc.).
In this way, Laurent Saïet and Patrick Müller have attempted to rediscover a climate of sound and emotions initiated by the multiple visions of the original film and to contrast them with new images also inspired by La jetée in a “work in progress” where several sensitivities meet.
THE VISUAL AESTHETIC
3 videographers/cineastes, linked by the same time-related problems, take inspiration from themes and/or visual motifs in La jetée to create 3 variants distinct by their form, (video imagery, still shots, fictional images) the only constraint for which is the temporal:
> T1: directed by the videographer Pascal Frament in black and white, then video-edited in a purified graphic aesthetic and with a continuously slowed rhythm giving an impression of weightlessness and suspended time.
> T2: directed by the photographer Sylvain Bélot from stills which are superimposed and which dissolve successively one into the other creating imaginary geographies of spaces void of human presence.
> T3: directed by the cineaste Gilbert Carsoux in a raw black and white recalling that of La jetée, in which a character takes part in a fictional scenario leading to the key site of Marker’s film, the great boarding pier at Orly Airport.
PARTICIPANTS
> Pascal Frament : trained as a videographer and in plastic arts. Regularly exhibits installations and/or videos in art galleries and at video festivals:
Wok 2 (L’Echangeur), Art Paris, Berthet-Aittouares gallery (Paris), “Rendez-vous Electroniques” (Centre Pompidou), Anton Weller gallery (Paris), Charlotte Norberg gallery (Paris), Eponyme gallery (Bordeaux), Musée d’Art Contemporain (Lyon), etc.
> Sylvain Bélot: photographer and multimedia creator. Works on montages and superimpositions of still pictures, notably for the group Dièse 440, the contemporary dance company VMT (tours in Haute-Savoie and in Brittany), the Compagnie du Son (Avignon Festival), and on interactive installations for Miguel Chevalier (Palais des Congrès; Marco de Monterrey Museum in Mexico; Oslo…), Pascal Dombis, etc.
> Gilbert Carsoux: filmmaker and director. First worked with video clips and in advertising. After several theatrical directorships (Espace Kiron; Café de la Danse; Gare au Théâtre), the writing of scenarios and the direction of short films, he is currently engaged in the pre-production of a fiction feature film (“Global village” - 22 juillet Productions).
> Patrick Müller: electroacoustic composer and sound engineer, has created the music for the choreographic shows of the VMT and Red Star companies under the name “L’Orchestre Inachevé” (later “Groupe d’Essai N° 3”) for more than 15 years and has produced in his studio “La Rotonde” numerous groups and projects including Pusse, Dragibus, Mami Chan, Konki Duet, Les Productions de l’Invisible, Ilitch, Pupusse & Patrack, etc. for labels such as Mon Slip, Inpolysons, Fractal, Saravah, Active Suspension and… Trace Label.
> Lau rent Saïet : Member of several groups in the nineties (including Etienne Brunet’s Zig Rag Orchestra from 1993 to 1997). In 1994 he founded Trace label with Patrick Müller and Guillaume Loizillon on which he edited 4 solo albums: his work is based essentially on the relationship between music and cinema, notably Cinéphilie & Cinéphilie 2, a series of tributes to film-makers he admires (Satyajit Ray, Fritz Lang, David Lynch, Atom Egoyan, F.W. Murnau, Jack Arnold, Mikio Naruse, Jim Jarmusch, Tod Browning, etc.). These were subsequently presented in the form of cine-concerts, notably at the Théâtre de l’Echangeur and the Forum des Images (in the context of the “Nemo” festival).
It was for Cinéphilie (2000) that he met Pascal Frament who, for this, directed (re)editions of original films on video. For Cinéphilie 2 (2005), 8 videographers created original visual material including Sylvain Bélot, Gilbert Carsoux and Pascal Frament who met, on that occasion, for the first time.
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