| MICHÈLE BOKANOWSKI |
MICHÈLE BOKANOWSKI (trace 028/CD) |
TROIS CHAMBRES TABOU Coordinateur de projet : |
Après « L’Ange » en
2003 et « Pour un Pianiste » en 2005, TraceLabel continue son
exploration des musiques de Michèle Bokanowski avec ce nouveau disque
regroupant trois pièces composées entre 1975 et 1988. Si
les deux premières ont déjà fait l’objet d’une édition
discographique, la dernière, «Phone Variations», est
restée à ce jour inédite. Nous retrouvons dans ce disque ce qui fait la marque du travail de Michèle Bokanowski : sons concrets, mécanismes obsessionnels, prise en compte de l’espace, mise en évidence du support par une scénarisation des coupes de montage, primauté à l’expressivité… Avec « Trois Chambres d’Inquiétude » (1975-1976), les matériaux sonores minimalistes (rire d’enfant, jouets, voix de femme, respirations, machineries diverses en boucles…) se mettent au service d’une dimension narrative diffuse. La référence au titre d’une série de gravures de l’artiste danois Lars Bo confirme cette piste illustrative. De son côté, « Tabou » (1983-1984) nous apparaît plus directement musical, l’espace et l’énergie s’y déploient dans un développement subtil et savant. Cette pièce, utilisée par plusieurs chorégraphes (comme Hideyuki Yano en 1985 et Marceline Lartigue en 1993), ouvrira les portes du monde de la danse à Michèle Bokanowski. Enfin avec « Phone Variations » (1986-1988), les messages vocaux et les musiques d’emprunt des répondeurs téléphoniques élargissent de manière significative la matière sonore de la compositrice et permettent, dans une démarche proche du found footage, un éclairage de la dimension domestique et intime de ces messages par leur mise en scène dans l’espace musical public. L’ensemble du disque donne à la notion de « musique sur support » toute sa dimension. En effet, la musique de Michèle Bokanowski met en œuvre une esthétique de l’analogique et de la bande magnétique, rappelant l’existence d’une musique électroacoustique d’avant le règne hégémonique du numérique et de l’ordinateur. |
POUR UN PIANISTE (1973-1974) (trace 021/CD) |
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Pour un pianiste (17'35") Piano
et piano préparé: Musique électroacoustique
réalisée dans le studio du compositeur et dans les studios
de Bourges. Coordinateur de
projet : |
« This work was commissioned by Gérard Frémy.
I wrote the different themes, the
patterns and rythmic cells first. Gérard Frémy played them
on piano as well as on prepared piano. These recordings gave me the necessary
material to create the magnetic tape. All the sounds are issued from
the piano with the exception of the opening clavicord clusters. « Cette pièce m’a été commandée par Gérard Frémy. J’ai d’abord écrit la partition des différents thèmes, motifs et cellules rythmiques. Joués au piano et au piano préparé par Gérard Frémy, ils m’ont fourni le matériau qui m’a permis de réaliser la bande magnétique. A l’exception du cluster de clavecin qui ouvre la pièce, tous les sons utilisés sont issus du piano. Il existe une autre version de cette œuvre, uniquement destinée au concert, dans laquelle une partition pour piano en direct se superpose à la bande magnétique. Pour un pianiste est dédié à Gérard Frémy. » M.B. « L’atmosphère allait enfin se détendre avec une œuvre de Michèle Bokanowski, où l’interprète, sur un piano « préparé » à la manière de John Cage, rivalise avec une bande magnétique qui le bombarde de séquences de piano enregistrées, amplifiées en longues résonances. Une sorte de magma aux séquences brillantes mais aux couleurs souvent neuves et agréables, et dont le dynamisme secouait heureusement l’auditoire. » Jacques Longchampt Le Monde (1979) « Le piano et l’anti-piano, chez Bokanowski, comme chez Pousseur déjà, s’intercalent, se superposent. Eternel retour, mais univers nouveau. Mystérieuses parallèles, oppositions poignantes, musique, éternel recommencement… » Antoine Golea Printemps Musical de Paris (1979) « Pour un pianiste déploie toute la force brute des musiques composées uniquement pour les situations live par M.B. Frénétique et entrainante, la partition de l’œuvre fait littéralement débouler sa masse musicale dans des jeux de fulgurance structurelle où l’on retrouve les accointances de M.B. avec le travail sur les boucles et sur la répétition, ainsi que sa manière déjà très moderne à l’époque de couper et de recoller les séquences dans une approche visionnaire de ce qu’on appellerait aujourd’hui l’échantillonnage. » Octopus (2006) « La recette est limpide : on enregistre cellules et
séquences, en préparant ou non le piano […] et Pour
un pianiste devient ainsi un concerto pour piano et bande magnétique
ou le pianiste se confronte à l’image déformée
de son propre jeu. Le résultat est saisissant. |
L'ANGE (Musique originale du film L'Ange de Patrick Bokanowski) (trace 017/CD) |
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Michèle Bokanowski
: Composition Enregistrement, montage, Coordinateur de projet
: |
L'Homme
au sabre |
L'attaque
du Château de l'uf L'Atelier de Léonard La Ruche Ascension Durée : 6318 |
Sorti
au début des années 1980, le film L'ANGE de Patrick Bokanowski
continue à nous éblouir aujourd'hui. C'est un exemple rare
de long métrage expérimental
à avoir connu une carrière internationale et atteint un
statut de film culte. « D’une puissance suggestive rare et d’une constante audace, la musique de M.B. confère au film une obsédante étrangeté qui met en branle l’imaginaire de l’auditeur/spectateur. Voilà une bande infiniment originale qui passe un ensemble à cordes à la moulinette concrète et agit comme un sortilège […] Que ceux qui s’apprêtent à courir le risque de ce disque abandonnent tout espoir de quiétude. Et se préparent à voyager au bout du plus beau des enfers. » Les Inrockuptibles (2004) « La musique de M.B. survit au film et vice-versa. Compositrice à part, travaillant en dehors des sphères machistes des studios électro-acoustiques, M.B. est une héritière directe des travaux de Pierre Schaeffer. Grande magicienne de la boucle, dans la mesure où elle sait nous la faire oublier, et des techniques analogiques. Les sons existent dans un rapport quasi-dialectique avec leur support de fixation. Le matériau principal de cette œuvre est un trio à cordes exposé dans des accumulations, des rythmiques et des morphologies complexes ; des spirales ascendantes ; des ruptures dramatiques ; un ensemble rhizomatique de liaisons et de déliaisons. Une même technique est appliquée à différents matériaux, créant une profonde unité dramatique à travers 10 parties. » Revue & Corrigée (2004) « La musique enveloppe les bruits, les intègre, se fond à eux, formant une mer sonore qui vient recouvrir, par vagues le mutisme têtu et répétitif de ces personnages sans âge, sans époque, sans pays… M.B. a composé cette partition : une musique qui ne cherche pas à bruiter les actes des personnages, mais les émotions qui doivent courir, comme autant de frissons, le long de l’échine des spectateurs. » Libération (1982) |
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