MICHÈLE BOKANOWSKI

MICHÈLE BOKANOWSKI (trace 028/CD)

EXTRAITS/EXTRACTS

TROIS CHAMBRES
D’INQUIÉTUDE
1976 / Durée : 27’03''
1 : 9’23'' – 2 : 13’ 20” – 3 : 4’ 20”
Musique concrète réalisée
en 1975-1976 dans le studio
du compositeur (Paris)
Mixage final dans les studios
du GMEB (Bourges, France)
Création le 5 juin 1976 à Bourges, Palais Jacques Cœur, lors du
6e Festival International
de Musique Expérimentale
Première édition : Elevator Bath (USA) 2001

TABOU
1984 / Durée : 16’?12”
Musique concrète réalisée
en 1983-1984 dans le studio
du compositeur et dans les studios du GMEB avec les voix de Debbie Berg, Tom Berg, Peggy Frankston
et le concours de Régis Pasquier, violon. orgue électrique : Michèle Bokanowski
Première édition : Metamkine, collection « Cinéma pour l’oreille » 1992

PHONE VARIATIONS
1988 / Durée : 23’ 40”
Musique concrète réalisée entre 1986 et 1988 dans le studio du compositeur à partir d’enregistrements de messages entendus sur des répondeurs téléphoniques Création le 20 juin 1989 à France-Culture, dans l’émission d’Alain Veinstein, « Nuits Magnétiques »

Coordinateur de projet :
Hervé Zénouda.
Coproduction :
Trace label/Le culte du cargo

Après « L’Ange » en 2003 et « Pour un Pianiste » en 2005, TraceLabel continue son exploration des musiques de Michèle Bokanowski avec ce nouveau disque regroupant trois pièces composées entre 1975 et 1988. Si les deux premières ont déjà fait l’objet d’une édition discographique, la dernière, «Phone Variations», est restée à ce jour inédite.
Nous retrouvons dans ce disque ce qui fait la marque du travail de Michèle Bokanowski : sons concrets, mécanismes obsessionnels, prise en compte de l’espace, mise en évidence du support par une scénarisation des coupes de montage, primauté à l’expressivité…
Avec « Trois Chambres d’Inquiétude » (1975-1976), les matériaux sonores minimalistes (rire d’enfant, jouets, voix de femme, respirations, machineries diverses en boucles…) se mettent au service d’une dimension narrative diffuse. La référence au titre d’une série de gravures de l’artiste danois Lars Bo confirme cette piste illustrative.
De son côté, « Tabou » (1983-1984) nous apparaît plus directement musical, l’espace et l’énergie s’y déploient dans un développement subtil et savant. Cette pièce, utilisée par plusieurs chorégraphes (comme Hideyuki Yano en 1985 et Marceline Lartigue en 1993), ouvrira les portes du monde de la danse à Michèle Bokanowski.
Enfin avec « Phone Variations » (1986-1988), les messages vocaux et les musiques d’emprunt des répondeurs téléphoniques élargissent de manière significative la matière sonore de la compositrice et permettent, dans une démarche proche du found footage, un éclairage de la dimension domestique et intime de ces messages par leur mise en scène dans l’espace musical public.
L’ensemble du disque donne à la notion de « musique sur support » toute sa dimension. En effet, la musique de Michèle Bokanowski met en œuvre une esthétique de l’analogique et de la bande magnétique, rappelant l’existence d’une musique électroacoustique d’avant le règne hégémonique du numérique et de l’ordinateur.


POUR UN PIANISTE (1973-1974) (trace 021/CD)

EXTRAITS/EXTRACTS

Pour un pianiste (17'35")

Piano et piano préparé:
GÉRARD FRÉMY

Musique électroacoustique réalisée dans le studio du compositeur et dans les studios de Bourges.
Prise de son : Studio du Groupe
de Recherches Musicales, ORTF. Ingénieur du son : N’Guyen Van Tuong. Création le 28 mai 1974
à la Maison de la Culture
de Bourges lors du 4e Festival International de Musique Expérimentale. Mastering 2005 : Lionel Risler. Remerciements
à Roger Cochini.

Coordinateur de projet :
Hervé Zénouda.
Coproduction :
Trace label/Le culte du cargo

« This work was commissioned by Gérard Frémy. I wrote the different themes, the patterns and rythmic cells first. Gérard Frémy played them on piano as well as on prepared piano. These recordings gave me the necessary material to create the magnetic tape. All the sounds are issued from the piano with the exception of the opening clavicord clusters.
I wrote another version of this work that is for concerts only. In this instance a piano partition is played live along with the magnetic tape.
Pour un Pianiste is dedicated to Gérard Frémy. » 
M .B.

« Cette pièce m’a été commandée par Gérard Frémy. J’ai d’abord écrit la partition des différents thèmes, motifs et cellules rythmiques. Joués au piano et au piano préparé par Gérard Frémy, ils m’ont fourni le matériau qui m’a permis de réaliser la bande magnétique. A l’exception du cluster de clavecin qui ouvre la pièce, tous les sons utilisés sont issus du piano. Il existe une autre version de cette œuvre, uniquement destinée au concert, dans laquelle une partition pour piano en direct se superpose à la bande magnétique. Pour un pianiste est dédié à Gérard Frémy. » M.B.

« L’atmosphère allait enfin se détendre avec une œuvre de Michèle Bokanowski, où l’interprète, sur un piano « préparé » à la manière de John Cage, rivalise avec une bande magnétique qui le bombarde de séquences de piano enregistrées, amplifiées en longues résonances. Une sorte de magma aux séquences brillantes mais aux couleurs souvent neuves et agréables, et dont le dynamisme secouait heureusement l’auditoire. » Jacques Longchampt Le Monde (1979)

« Le piano et l’anti-piano, chez Bokanowski, comme chez Pousseur déjà, s’intercalent, se superposent. Eternel retour, mais univers nouveau. Mystérieuses parallèles, oppositions poignantes, musique, éternel recommencement… » Antoine Golea Printemps Musical de Paris (1979)

« Pour un pianiste déploie toute la force brute des musiques composées uniquement pour les situations live par M.B. Frénétique et entrainante, la partition de l’œuvre fait littéralement débouler sa masse musicale dans des jeux de fulgurance structurelle où l’on retrouve les accointances de M.B. avec le travail sur les boucles et sur la répétition, ainsi que sa manière déjà très moderne à l’époque de couper et de recoller les séquences dans une approche visionnaire  de ce qu’on appellerait aujourd’hui l’échantillonnage. » Octopus (2006)

« La recette est limpide : on enregistre cellules et séquences, en préparant ou non le piano […] et Pour un pianiste devient ainsi un concerto pour piano et bande magnétique ou le pianiste se confronte à l’image déformée de son propre jeu. Le résultat est saisissant.
M.B. obtient des couleurs, des timbres et des effets véritablement orchestraux.
La construction formelle de l’œuvre ne fait qu’accentuer cette impression, des débuts captivants jusqu’à l’hallucinant climax ». Le Monde de la Musique (2006)



L'ANGE (Musique originale du film L'Ange de Patrick Bokanowski) (trace 017/CD)

EXTRAITS/EXTRACTS

Michèle Bokanowski : Composition
Regis Pasquier : Violon et Alto
Philippe Muller : Violoncelle
Philippe Drogoz : Contrebasse.

Enregistrement, montage,
mixage : Michèle Bokanowski,
studio KIRA B.M. Films
(1976-1979)
Repiquage 35 mm : Gilbert Blanc, MAGNAPHONE
Mixage 35 mm : Paul Bertault,
Elvire Lerner.
Auditorium : Antegor, Auditel
Production : KIRA B.M. Films,
I.N.A. (1982).
Remastering : Patrick Muller.

Coordinateur de projet :
Hervé Zénouda.
Coproduction :
Trace label/Le culte du cargo

L'Homme au sabre
La Femme à la cruche
Personnages dans les escaliers
L'Homme au bain
Le Reveil du Bibliothécaire
La bibliothèque

L'attaque du Château de l'Œuf
L'Atelier de Léonard
La Ruche
Ascension
Durée : 63’18’’

 

Sorti au début des années 1980, le film L'ANGE de Patrick Bokanowski continue à nous éblouir aujourd'hui. C'est un exemple rare de long métrage expérimental à avoir connu une carrière internationale et atteint un statut de film culte.
La musique de L'ANGE n'avait, curieusement, jamais été publiée indépendamment du film. Trace Label est heureux de réparer cet « oubli historique », tant la musique de Michèle Bokanowski est une œuvre à part entière. Cette partition nous importe car elle fait le lien entre les minimalistes américains, l'écriture contrapuntique classique et la musique concrète inventée par Pierre Schaeffer. Avec son travail sur les boucles, sa mise en scène des « coupures/collants », son emploi intensif de la technique de réinjection, Michèle Bokanowski crée une très curieuse impression de « pré-sampler archaïque ».

« D’une puissance suggestive rare et d’une constante audace, la musique de M.B. confère au film une obsédante étrangeté qui met en branle l’imaginaire de l’auditeur/spectateur. Voilà une bande infiniment originale qui passe un ensemble à cordes à la moulinette concrète et agit comme un sortilège […] Que ceux qui s’apprêtent à courir le risque de ce disque abandonnent tout espoir de quiétude. Et se préparent à voyager au bout du plus beau des enfers. » Les Inrockuptibles (2004)

« La musique de M.B. survit au film et vice-versa. Compositrice à part, travaillant en dehors des sphères machistes des studios électro-acoustiques, M.B. est une héritière directe des travaux de Pierre Schaeffer. Grande magicienne de la boucle, dans la mesure où elle sait nous la faire oublier, et des techniques analogiques. Les sons existent dans un rapport quasi-dialectique avec leur support de fixation. Le matériau principal de cette œuvre est un trio à cordes exposé dans des accumulations, des rythmiques et des morphologies complexes ; des spirales ascendantes ; des ruptures dramatiques ; un ensemble rhizomatique de liaisons et de déliaisons. Une même technique est appliquée à différents matériaux, créant une profonde unité dramatique à travers 10 parties. » Revue & Corrigée (2004)

« La musique enveloppe les bruits, les intègre, se fond à eux, formant une mer sonore qui vient recouvrir, par vagues le mutisme têtu et répétitif de ces personnages sans âge, sans époque, sans pays… M.B. a composé cette partition : une musique qui ne cherche pas à bruiter les actes des personnages, mais les émotions qui doivent courir, comme autant de frissons, le long de l’échine des spectateurs. » Libération (1982)